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Répondre au sujet : Maserati : la chute d'un mythe en chiffres
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Posté par Alex - 22-07-2026, 09:40 PM
https://causemoteur.com/portail/maserati...-chiffres/
Posté par Alex - 23-06-2026, 01:59 AM
[Image: 2024-maserati-granturismo-modena-pr-101-...ize=1200:*]

Le contexte : Maserati coule

Faut être honnête, la situation est objectivement grave. En 2024, la marque a vendu à peine 11 300 voitures dans le monde entier. Pour vous donner une idée, en 2017 ils en écoulaient 51 500 par an. C'est pas une baisse, c'est un effondrement. Et en 2025, c'est encore pire : 7 800 unités. On parle d'une marque qui a quasiment disparu des radars commerciaux.
Financièrement, c'est -260 millions d'euros de résultat d'exploitation et une marge négative de -13 %. Dans n'importe quelle entreprise, une filiale avec ces chiffres-là, elle passe à la trappe. Stellantis a beau être un mastodonte, personne ne peut se permettre de saigner comme ça indéfiniment.
Les raisons ? Un cocktail assez classique malheureusement :
  • Gamme vieillissante, peu de nouveautés marquantes
  • La gamme Folgore (full électrique) qui n'a pas convaincu, notamment à cause des malus écologiques en France qui peuvent monter jusqu'à 60 000 € — autant dire que ça tue la vente dans l'oeuf
  • Un positionnement marketing qui a longtemps hésité entre sportif, luxe et premium, sans jamais trancher vraiment

Ce que Reuters a révélé

Selon deux sources proches du dossier citées par Reuters, Stellantis étudierait sérieusement une cession de Maserati dans le cadre d'une réorganisation de ses 14 marques. McKinsey a même été mandaté pour évaluer les options, notamment face aux droits de douane américains imposés par Trump sur les véhicules européens.
Le CA de Stellantis serait divisé sur le sujet. D'un côté, certains membres estiment que le groupe n'a ni les moyens ni la capacité de relancer durablement la marque, et que vendre est la solution rationnelle. De l'autre, d'autres pensent que céder Maserati enverrait un signal catastrophique : se séparer de votre seul bijou de luxe, ça entame sérieusement la crédibilité d'un groupe.
Officiellement, Stellantis nie toute cession. Mais bon... quand Reuters cite deux sources et que McKinsey est dans la boucle, ça ne sort pas de nulle part.

BMW ? Non. Chery ? Probablement.

BMW n'apparaît dans aucune source sérieuse sur ce dossier. Ils ont déjà le groupe BMW / Mini / Rolls-Royce, pourquoi aller se compliquer la vie avec une marque en perdition ?
Le nom qui revient vraiment, c'est Chery. Le cinquième constructeur chinois, avec près de 1,9 million de véhicules produits en 2023. Ils sont déjà en train de reprendre l'ancienne usine Nissan de Barcelone, ils développent leurs marques Omoda et Jaecoo en Europe, et Maserati leur offrirait exactement ce qui leur manque : un passeport premium, de la légitimité, une clientèle fortunée et un réseau de distribution déjà établi.
La comparaison avec le rachat de Volvo par Geely en 2010 revient souvent. Et franchement, c'est pas idiot comme parallèle. Geely a su redresser Volvo sans trop l'abîmer.
Cela dit, les obstacles sont énormes. Relancer Maserati coûterait des milliards. Et politiquement, en Italie, vendre un symbole national à des Chinois... c'est un sujet brûlant. Les syndicats s'agitent déjà, le gouvernement surveille. Rappelons qu'en 1986, Fiat avait racheté Alfa Romeo en urgence pour empêcher Ford de mettre la main dessus. Le réflexe protectionniste existe toujours.

Et Ferrari dans tout ça ?

L'autre hypothèse qui circule dans les coulisses, c'est un retour de Maserati sous l'aile de Ferrari. De 1997 à 2005, c'est Ferrari qui gérait la marque, et c'était clairement ses meilleures années — les 3200 GT, la MC12, l'ère Quattroporte moderne. Certains au sein de Stellantis murmurerait que cette option aurait le mérite de préserver le prestige de la marque tout en rassurant les Italiens.
Rien d'officiel là-dessus non plus, mais l'idée n'est pas saugrenue.

Mon avis perso

Ce qui me choque le plus dans cette histoire, c'est la vitesse à laquelle Maserati s'est ramassée. On parle d'une marque qui faisait saliver le monde entier il y a dix ans. Le Levante avait redonné du souffle, le Quattroporte restait une référence. Et en quelques années de mauvaises décisions stratégiques, de gamme Folgore mal amenée et d'absence totale de renouvellement, c'est l'hécatombe.
La vente à Chery ne me choque pas sur le principe — si ça sauve les emplois et redonne des moyens à la marque, pourquoi pas. Mais faudra surveiller de près ce qu'ils en font. Geely a su respecter l'ADN Volvo. Pas sûr que tout le monde ait ce même niveau de finesse.
En tout cas, une chose est certaine : 2026 sera l'année de vérité pour le trident. Soit Stellantis présente un vrai plan de relance crédible, soit on assiste à une cession historique. À suivre de près.
Citation :Vous en pensez quoi ? Maserati mérite encore d'exister en 2030 ? Et si oui, sous quelle forme ?