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Trump et les droits de douane : l'automobile européenne dans la ligne de mire - Alex - 23-06-2026 ![]() Le point de départ : avril 2025 Tout commence le 3 avril 2025. Trump instaure une surtaxe de 25 % sur toutes les voitures importées aux États-Unis. Pas de distinction, pas de nuance — tout ce qui roule et qui n'est pas fabriqué sur le sol américain passe à la caisse. Les pièces détachées suivent un mois plus tard. Pour l'industrie européenne, c'est un coup de massue. L'Allemagne en tête : BMW, Mercedes, Porsche, Volkswagen. L'Allemagne exportait environ 450 000 véhicules par an vers les États-Unis. Un institut allemand avait calculé une facture de 15 milliards d'euros pour la seule industrie germanique. Quinze milliards. Les Français ? Beaucoup moins exposés directement. Renault est parti des États-Unis à la fin des années 80. Peugeot et Citroën n'y vendent rien depuis longtemps. Stellantis opère via Jeep, Dodge et Chrysler, déjà fabriquées sur place. Autant dire qu'on a regardé nos voisins allemands souffrir depuis la touche. L'accord de l'été 2025 : un "moindre mal" Le 27 juillet 2025, Trump et Von der Leyen se retrouvent en Écosse — sur le terrain de golf de Trump, évidemment, faut pas pousser — et signent l'accord "Turnberry". Résultat : les droits de douane redescendent à 15 % pour la plupart des produits européens, dont les voitures. En Europe on s'est félicité d'un compromis. "Un accord est un accord", avait même sorti la Commission européenne. Les constructeurs européens pouvaient économiser entre 500 et 600 millions d'euros par mois grâce à cet accord. Pas négligeable. Mais moi, honnêtement, dès le départ j'avais un doute. On parle de Trump. Un accord signé sur un terrain de golf avec un type qui change d'avis par tweet, ça inspire pas une confiance absolue. Mai 2026 : retour de la menace Et effectivement. Le 1er mai 2026, Trump lâche une bombe sur Truth Social : il veut repasser les droits de douane sur les voitures européennes à 25 %. Presque le double de l'accord signé neuf mois plus tôt. Motif officiel ? L'Europe ne respecterait pas les engagements de l'accord Turnberry. Motif officieux ? Il reproche à l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie de ne pas s'être impliquées militairement dans le conflit iranien, et Friedrich Merz, le chancelier allemand, avait eu le malheur de dire publiquement que les Américains n'avaient "visiblement aucune stratégie" en Iran. Réponse de Trump : Berlin devrait s'occuper de l'Ukraine plutôt que de donner des leçons. Et la facture arrive sous forme de droits de douane. La porte de sortie qu'il laisse ouverte ? Zéro taxe si la voiture est fabriquée aux États-Unis. Ce qui met Porsche dans une position catastrophique : la marque ne produit absolument rien sur le sol américain. La Taycan, la Cayenne, le Macan électrique — tout sort d'Allemagne. Et ça se voit sur leurs chiffres. Qui morfle le plus, concrètement ? Porsche : la plus exposée de toutes, aucune production américaine. Chaque Taycan vendue aux États-Unis prend 25 % dans les dents. BMW et Mercedes : moins dans le rouge, ils ont des usines américaines (Caroline du Sud et Alabama) pour leurs gros SUV. Mais leurs berlines et sportives européennes restent touchées. Volkswagen : usine dans le Tennessee, mais la gamme électrique ID. vient d'Europe. Stellantis : paradoxalement assez protégé sur le marché américain, puisque Jeep, Ram et Dodge sont fabriquées aux États-Unis. Renault / Peugeot / Citroën : quasi inexposés directement, mais l'instabilité générale plombe les investissements et la confiance. Et la Cour suprême américaine dans tout ça ? Ce qui rend la situation encore plus compliquée, c'est qu'une décision de la Cour suprême américaine a récemment limité la capacité de Trump à invoquer une "urgence économique" pour imposer des taxes unilatéralement. En clair, ses coups de force tarifaires sont contestables juridiquement, et certains importateurs américains ont commencé à demander des remboursements. Résultat : personne ne sait vraiment si la menace des 25 % va se concrétiser, à quelle date, et si elle tiendra dans le temps. Les constructeurs doivent prendre des décisions d'investissement lourdes — relocaliser une chaîne de production ça coûte des milliards et ça prend des années — sans savoir si dans six mois Trump aura signé un nouvel accord sur un autre terrain de golf. Mon ressenti Ce qui me frustre dans tout ça, c'est l'incertitude permanente plus que les taxes elles-mêmes. Une taxe à 25 %, c'est dur, mais on peut s'y adapter. Un yo-yo permanent entre 15 % et 25 % selon l'humeur du président américain, c'est ingérable pour planifier quoi que ce soit. Et au final, c'est nous les premiers touchés. Pas directement via les prix des voitures américaines — on n'en achète quasiment pas en France. Mais indirectement via les difficultés des grands groupes européens qui licencient, ferment des usines, ralentissent leurs investissements dans la transition électrique. Alors ouais, je vais continuer à suivre le feuilleton. En espérant que la prochaine séquence se passe pas sur un terrain de golf. Citation :Et vous, vous pensez que les constructeurs européens auraient dû relocaliser plus tôt aux États-Unis ? Ou c'est juste du racket institutionnalisé de la part de Trump ? RE: Trump et les droits de douane : l'automobile européenne dans la ligne de mire - Alex - 22-07-2026 https://causemoteur.com/portail/trump-et-les-droits-de-douane-lautomobile-europeenne-dans-la-ligne-de-mire/ |