09-07-2026, 09:47 AM
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Le contexte : 45 millions de PV en 2025, un nouveau record
La Cour des comptes vient de publier son rapport annuel sur le contrôle des finances publiques, et le bilan routier 2025 est sans appel : 45 millions de contraventions dressées aux automobilistes, un nouveau record. Sur ce total, plus de 20 millions de véhicules flashés ont permis l'envoi de 15,2 millions d'avis de contravention, soit 1,1 million de plus qu'en 2024.
Au global, toutes les infractions routières confondues ont rapporté 2,13 milliards d'euros à l'État l'an dernier. Un chiffre énorme, même si — détail savoureux — c'est en réalité 64 millions d'euros de moins que prévu, la faute à des radars moins rentables que prévu (689 millions d'euros de recettes contre +12 % planifiés).
Le détail qui fait mal : la multiplication des radars à venir
Et c'est là que ça devient vraiment intéressant pour nous. Le parc de radars automatiques en France, c'est aujourd'hui 4 819 unités. Selon le graphique publié par la Cour des comptes, ce chiffre devrait grimper à 9 819 (donc quasiment 10 000) d'ici 2031. Soit un doublement en seulement six ans.
Une partie de cette explosion vient des radars urbains voulus par les maires, longtemps bloqués administrativement mais désormais en plein déploiement : l'Ugap (la centrale d'achats de l'État) a choisi ses fournisseurs pour un marché colossal de 5 000 appareils, renouvelable deux fois. Le twist, c'est que les communes ne pourront pas acheter leurs radars : uniquement de la location longue durée, ce qui équivaut à 600 000 abonnements mensuels selon L'Argus.
Où va vraiment l'argent ?
C'est là où le discours officiel prend un coup dans l'aile. Selon un rapport de la Cour des comptes datant d'avril 2025, seules 62 % des dépenses financées par l'argent des radars auraient un lien direct avec la sécurité routière. Et pour remettre les choses en perspective côté budget global : la politique de sécurité routière (entretien des routes, signalisation, sécurisation des infrastructures, campagnes de communication) doit coûter 5,05 milliards d'euros à l'État en 2026, alors que les PV de radars ne devraient en rapporter qu'environ 693 millions, soit à peine 14 % du budget total.
Autrement dit : les radars ne financent qu'une fraction de la sécurité routière, et le reste part ailleurs dans le budget de l'État.
Répartition des recettes 2025
- Radars automatiques : 689 millions d'euros
- PV électroniques et amendes forfaitaires majorées : 1,44 milliard d'euros
- Total infractions routières : 2,13 milliards d'euros



