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Le contexte : Volkswagen répète l'histoire, en pire
On croyait avoir touché le fond en mars avec l'annonce des 50 000 suppressions de postes en Allemagne d'ici 2030. Et bien non. Le 26 juin, le Manager Magazin sort une bombe : le groupe envisagerait de doubler la mise, avec jusqu'à 100 000 emplois menacés dans le monde, soit environ 16 % des effectifs globaux. Pour rappel, Volkswagen emploie 657 000 personnes.
Et ce n'est pas qu'une histoire de chiffres qui gonflent au fil des mois (35 000 en février, 50 000 en mars, 100 000 en juin). Le plan prévoirait aussi la fermeture de quatre usines allemandes : Hanovre, Emden, Zwickau, plus le site Audi de Neckarsulm. Rien que ça.
Le pire, c'est que ces 50 000 suppressions de mars avaient été négociées avec les syndicats fin 2024 en échange d'un engagement très clair : pas de fermeture d'usine en Allemagne au moins jusqu'à la fin de la décennie. Cet engagement-là est en train de voler en éclats.
Pourquoi une telle dégringolade
Le tableau financier est sans appel :
Bénéfice net en chute de 28 % au premier trimestre 2026
Résultat opérationnel 2025 en baisse de 53 %, à 8,9 milliards d'euros, pour un chiffre d'affaires quasi stable à 322 milliards
Les causes sont connues mais elles s'additionnent brutalement :
La flambée des coûts de l'énergie en Allemagne
La concurrence chinoise qui écrase le marché électrique, en Europe comme en Chine (les livraisons de VW en Chine sont tombées à leur plus bas niveau depuis 2011)
Les droits de douane américains sur les voitures et pièces détachées, qui coûteraient à eux seuls 5 milliards d'euros par an au groupe, avec Audi et Porsche en première ligne puisqu'aucune des deux marques n'a d'usine aux États-Unis
Oliver Blume, le patron du groupe, ne mâche pas ses mots depuis le début de l'année : il a prévenu les actionnaires que l'entreprise devait changer ou disparaître.
La riposte syndicale s'organise
IG Metall, le syndicat le plus puissant du secteur en Allemagne, n'a pas attendu pour réagir. Sa présidente Christiane Benner, avec Daniela Cavallo du comité d'entreprise VW, a prévenu que si ces plans se concrétisaient, ils les combattraient de toutes leurs forces. Des rassemblements de protestation étaient prévus devant les usines dans tout le pays au moment où la direction présentait son plan au conseil de surveillance.
Le conseil de surveillance doit justement se pencher sur le dossier ces jours-ci, dans le cadre de la nouvelle "vision 2030" du groupe.
Ce que ça changerait concrètement
Au-delà des fermetures sèches, Volkswagen étudierait aussi des solutions moins brutales : transférer la production des modèles destinés au marché chinois vers des usines allemandes sous-utilisées comme Zwickau, ou simplement arrêter d'attribuer de nouveaux modèles à certains sites pour les faire mourir en douceur plutôt que de les fermer du jour au lendemain. Le groupe réfléchirait aussi à filialiser, voire scinder, la marque Volkswagen elle-même ainsi que l'activité composants.


